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Amok - Stefan ZWEIG

Un livre pour 3 nouvelles.
... la passion des mots, les maux de la passion !

1) AMOK
J'ai beaucoup aimé AMOK le premier récit, où les deux personnages souffrent, la femme dans son esprit puis par son corps ; puis l'homme, torturé par sa promesse, ce qui le mènera à la mort. Tout est superbement transcrit, les doutes, les affrontements, les remords, les regrets. Le personnage de cette femme se rapproche un peu plus de ma personnalité… même si je n'aurais pas choisi la même issue fatale, mais les femmes dans notre société disposent de plus de libre-arbitre et de liberté d'action.

2) LETTRE D'UNE INCONNUE
La LETTRE D'UNE INCONNUE est sans doute dramatique, mais tellement bien écrite ! C'est donc avec un grand élan, que je me suis plongée dès les premiers mots dans ce tourbillon de phrases plus belles les unes que les autres, que j'ai discrètement pleuré à la lecture de certains passages... Je dis discrètement parce que je ne voulais pas que mon mari ou ma fille ne s'en rendent compte, étant donné que je lisais dans la voiture… Ils se seraient étonnés de me voir dans cet état. Dans le genre histoire dramatique, j'avais déjà lu LA DAME AUX CAMELIAS de Dumas, conseillé par un ami qui avait été touché par ce roman, au point de m'avouer qu'il en avait pleuré, à près de 50 ans… Mais la "lettre d'une inconnue" dépasse en émotions, ce que j'ai pu ressentir en lisant n'importe quelle histoire dramatique. Déjà, parce la nouvelle débute par la mort d'un enfant. Ce qui, pour une mère, est inacceptable, inconcevable, un crève-cœur …

Le récit de cet amour est implacable. Tissé de cette résolution à vouloir, pour l'inconnue, à chaque rencontre avec son amour, rester dans l'ombre. Cette volonté de ne pas "déranger" sa vie. Je pense que c'est aussi cela qui m'a fait réagir, qui m'a accablé. Je n'aurais pas certes pas choisi cette attitude. J'aurais été plus nature, plus directe, je n'aurais pas pu me taire, au risque de me faire rejeter. Mais, ce qui est transcrit dans ce récit reflète bien la façon dont les femmes de cette époque pouvaient espérer vivre leur passion, intravertie. Ce qui pour moi reste le plus formidable, le plus touchant, c'est la manière dont l'écrivain, s'identifie à la femme, imagine ce qu'elle ressent, avec tant d'affection, tant d'empathie… Un régal. Bref, ce fut un grand moment de solitude et de réflexion, comme je les aime.

3) LA RUELLE AU CLAIR DE LUNE
LA RUELLE AU CLAIR DE LUNE témoigne d'un épisode plus sombre, à tout point de vue. L'histoire d'abord, une femme qui, par provocation, se prostitue, déchéance de l'âme par le corps. Sombre aussi, l'ambiance nocturne : un homme perdu s'avance vers un cauchemar. Une rencontre amère comme une nausée. Histoire dramatique elle aussi, présentant cependant un peu moins de poésie que les précédentes, mais dont les mots nous engouffrent dans un lit d'émotions teintées de désolation, et tandis que je lisais, j'imaginais très bien les scènes, comme dans un film.

1 commentaire:

Wictoria a dit…

Copie des commentaires déposés dans la chroniques
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Certainement sa biographie bouleversée a bien marqué sa façon d'écrire...Je n'ai pas lu aucun livre de lui, mais j'apprends là l'effet de la psychanalyse et Freud sur ses textes [La Pitié dangereuse (Ungeduld des Herzens),1938]. Vivre l'oeuvre s'identifier en elle, arriver même à pleurer...Je dis bravo, "on" ne pleure pas par faiblesse mais par sentiment de sympathie face à une injustice infligée à une personne (même s'il s'agit d'une personne en papier). Allons,il est presque 3 h du matin, pas fini plusieurs "trucs"...ta conclusion est triste, triste, triste! Les plus malheureux sont ceux qui sont conscients de leur malheur..
M/S | Homepage | 05.04.05 - 3:14 am

Mais... je ne voulais pas te rendre triste, ma conclusion est seulement...l'illustration d'une passion...
wictoria | Homepage | 05.04.05 - 8:57 am

Mais...non. Je ne me souviens pas de ma dernière tristesse!
M/S | Homepage | 05.04.05 - 9:31 am

Allez, pour me faire pardonner...la surprise promise au prochain article publié
wictoria | 05.04.05 - 9:36 am

Mais il n'y a pas d'âge pour pleurer, et on ne pleure pas seulement de tristesse, mais aussi de bonheur, lorsque les sentiments sont exacerbés, non ?... Il suffit juste d'être "équipé" d'un minimum de sensibilité. Je pense que je vais aller de ce pas m'acheter ce recueil. Bonne journée !
radotages | Homepage | 05.04.05 - 12:25 pm

@ radotages : Ah ! et bien tu ne le regretteras pas. Oui, être "équipé de sensibilité", quelle belle phrase tellement juste et... c'est tout moi ! Oui, il m'arrive [aussi] de pleurer de bonheur : quand j'ai eu mon bac par exemple... j'étais tellement contente ! Bonne journée à toi aussi!
wictoria | Homepage | 05.04.05 - 1:40 pm

tu me donnes vraiment envie de lire Zweig...même si je dois en pleurer... Il faut laisser passer les émotions, sinon j'ai l'impression que l'on perd son identité... quant à l'illustration je l'ai trouvé très belle et je suis allé voir les autres. merci Wictoria
framboise | Homepage | 05.04.05 - 4:04 pm

Framboise : C'est vrai qu'elle est belle cette oeuvre ! Je l'ai trouvée en faisant une recherche d'image sur le mot "passion". Résultat : des images de l'affiche du film "la passion du Christ" de Gibson en pagaille ! et aussi d'autres... dont celle-ci. Merci Google
wictoria | Homepage | 05.04.05 - 6:40 pm

j'ai pratiquement lu tout Zweig et dans le genre c'est le meilleur.....
bonaventure | Homepage | 05.20.05 - 8:27 pm

Bonsoir Bonaventure et bienvenue dans cet espace-temps...Oui moi aussi j'aime beaucoup Zweig qui écrit et décrit si parfaitement l'univers des hommes, et des femmes...
wictoria | Homepage | 05.20.05 - 10:49 pm

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