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Le Petit Prince - Antoine de SAINT-EXUPERY


Le sujet
Un aviateur se retrouve en panne au milieu du désert et voit soudain surgir un petit prince aux propos philosophiques qui va l'aider à réparer son avion.

Le verbe
Mais si tu viens n’importe quand ; je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur.
Mon complément

Je pensais que c’était un conte à dormir debout, un récit imaginaire bon pour les ingénus. Je m'étais trompée : c’est un conte à rêver assis bien confortablement, la taille souple et libre, les épaules relâchées, les agressions extérieures hors de portée ou éteintes et un verre d’eau. Oui, car vous aurez envie de boire de l'eau à un certain passage. Au bout d’une heure, peut-être un peu plus selon votre rapidité de lecture ou votre propension à relire la ligne à peine déchiffrée, vous serez heureux. Même si vous avez, comme moi, envie de pleurer. Ce fait n’est pas tant dû à l’histoire qui est plutôt une leçon d’espoir. Ma tristesse a surgi dans une vague de joie mêlée de désarroi. Car je pensais à cet homme qui avait si bien compris et su exprimer les choses qui importent dans la vie : la foi, l’espérance, l’amour. L’oubli aussi. Mais pas l’indifférence, non. Et tandis que j’arrivais à la dernière page, je savais bien que ce livre était un peu magique : il m’avait apprivoisée.

Bien installée dans une brasserie de Paris, je m'autorise à faire des arrêts sur page et image au fil de mon récit.

Page 15. Fin du chapitre I. A la première phrase, j’ai pleuré. Pas de tristesse. De bonheur. D’émotions que j’ai du mal à contenir. J’avais également une autre raison, c’est que j’avais manqué cette histoire et j’en ignorais la cause. Car il y a toujours une cause à une absence. Manque de perspicacité, manque de volonté, manque d’envie. Je n’aime pas manquer de raison de bonheur. C’est du temps perdu. Nos saisons éphémères dans cet univers ne peuvent se permettre de perdre les bourgeons, les pétales, les graines et l’humus de notre existence fulgurante. Je poursuis ma lecture.

Page 62. Chapitre XVI. Ainsi voici notre Petit prince qui, après avoir atterri sur 6 planètes, mais je suppose que le terme atterrir n’est pas judicieux, je corrige : après s’être posé sur 6 planètes bien singulières, voici donc notre enfant-roi arriver sur la Terre en plein désert. J’ai hâte de lire ce qu’il va trouver.

Page 70. Pause : c’est le moment du Renard. Mais ici, je n’ai pas d’ordinateur, seulement mon téléphone portable et je n’ai pas ton numéro pour t'envoyer 6 lettres. Mais j’ai une idée. Je te la donnerai à la fin de mon récit.

Page 88. Entracte. Il se trouve que quand l’homme s’étonne d’entendre le petit garçon parler à un serpent, je songe nécessairement à Harry Potter, cet autre enfant qui a ce pouvoir (je suis fan de la première heure de ce petit sorcier abandonné au milieu des moldus sans fantaisie, mais je m’égare…).

Page 99 (c'est-à-dire qu’elle n’a pas de numéro dans mon livre, cependant je l’ai deviné car au recto de la feuille précédente il est noté 97). Ne me laissez pas tellement triste : écrivez-moi vite qu’il est revenu. Que c’est beau ! Et voilà encore mes yeux pleins de larmes contenues. Mais je ne m’en soucie guère. Les habitués sont au comptoir, les serveurs papotent derrière moi et personne ne me voit.

Je pleure au début et à la fin. Entre les deux je souris, j’éclate même de rire. Au final, j’ai lu ce conte en moins de deux heures, pauses d’écriture comprises. Alors voilà l’idée que je te donne. Relis le ce conte que tu as tant aimé. Il n’y a pas de temps à perdre !

Paris-Rue du Bac-2006

7 commentaires:

Guess Who a dit…

Très beau compte rendu... je connais bien ce conte que j'ai relu à plusieurs reprises.
Cependant, je me sens encore plus pris à la gorge par les descriptions de nuits passées dans désert. Peut être parce que j'ai moi-même vécu des nuits comme ça...

Serge a dit…

Ecrivez moi vite qu'il est revenu...
Tu viens de le faire Wictoria, avec beaucoup de sensibilité et de tendresse.
Maintenant tu peux regarder les étoiles avec un grand sourire qui t'amènera au rire. à ce moment, quand tout le monde pensera que tu es devenue folle... Moi je sais que ce ne sera pas vrai... Je t'embrasse

Holly Golightly a dit…

Waouh !
Wictoria ! Tu t'entends si bien avec ce livre...

Wictoria a dit…

**Guess who : pour ma part, je n'ai passé qu'une seule nuit dans le désert tunisien, sous une tente berbère ouverte aux "quatre vents", et malgré ma peur des bestioles plus ou moins invisibles, j'ai réussi à dormir, apaisée par un calme "différent".

**Serge : Ta remarque me touche énormément, d'autant que j'ai écrit cela d'un "jet", sans trop réfléchir, comme on dit "sur un coup de tête" :-) mais chez moi, l'enthousiasme premier est le meilleur à prendre je crois, car la réflexion m'oblige à faire beaucoup de synthèse et d'analyse... héritage professionnel hélas. Tu vois, je ne saurais écrire de longues pages sur la beauté d'un soleil couchant, en revanche, je suis intarissable sur le sujet des sensations "humaines". Bises.

Holly : je crois que je le lirai à mes enfants très prochainement, j'ai une particularité amusante : je lis très bien en prenant les voix des différents personnages, un peu comme si j'étais au théâtre et que j'avais tous les rôles à mon actif. Je crois qu'ils apprécient d'avoir une maman clown très surprenante :-)

Audrey Hepburn a dit…

Comment? Tes enfants ne connaissent pas encore Le Petit Prince? Mais c'est un crime!... ;-)
Très joli texte, comme de coutume.

Wictoria a dit…

Audrey : ils ne le connaissent pas encore non, je viens de l'acheter mais ils vont bientôt avoir de la lecture... C'est sûr !

-Perrine- a dit…

J'ai toujours adoré le Petit Prince, et je le relis très souvent... ;)

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