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Les mouches - Jean-Paul SARTRE


Le sujet
La deuxième pièce de théâtre de mon volume Folio présente "les mouches". Toute une histoire pour quelque vrombissement ?

Ces mouches pullulent dans Argos (ville mythique durant l'Antiquité) depuis qu'Agamemnon, le roi, a été occis par Egisthe l'amant de sa femme Clytemnestre. Des enfants royaux ne reste qu'Electre, assujettie en servante car Orestre, le petit garçon a disparu quand il avait 3 ans, condamné à être exécuté. Mais Orestre n'est pas mort et revient, 15 ans après le drame, dans sa ville morte vivante. Chaque année, Egisthe organise une cérémonie qui libère les morts de leur tombe et ceux-ci viennent hanter leurs survivants qui doivent leur faire de la place à leurs côtés, asservis à subir le châtiment divin : le remords. A la grande contrariété de Jupiter, qui se régale de tous ces repentirs, Orestre décide de libérer son peuple de cette effroyable culpabilité, de leurs habits noirs et des mouches, images gluantes de la conscience. Orestre connait sa liberté, celle-ci est plus forte que tout au monde, plus forte que les dieux. Pour cela une seule issue : il lui faut tuer Egisthe et Clytemnestre, sa mère. Puis, tel le "Joueur de flûte de Hamelin", Oreste finit par quitter la ville, traînant derrière lui les mouches (les Érinnyes, déesses du remords), prises comme des rats dans son sillage.

Le verbe
Pourquoi ne suis-je pas plus lourd, moi qui ai tant de pierres dans la tête ?
Mon complément
    JP Sartre explique : "Ce que j'ai voulu démontrer dans Les Mouches, c'est qu'il faut être lucide pour pouvoir déprendre la liberté individuelle des comédies où elle se perd. Et le seul outil possible dans ce cas, c'est la responsabilité. Il faut savoir juger du degré de responsabilité individuelle que nous mettons dans nos actes. C'est ce que vivra d'ailleurs Oreste. Oreste ne prendra pas conscience qu'il peut être libre, mais qu'il l'est. Si j'ai utilisé un cadre mythique, c'est pour montrer l'absolu de la liberté, à travers le temps et l'espace. La liberté n'est pas une invention du 20e siècle. Elle est là depuis que l'homme est homme. Il ne faut qu'en prendre conscience".
Je n'ai qu'un mot à ajouter : admirable. J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. A votre tour.

2 commentaires:

Holly Golightly a dit…

Je suis heureuse que tu aimes Sartre.
Le contraire m'eût beaucoup étonnée.
Cela me fait du bien de savoir que tu l'apprécies.
Je me permets de te renvoyer à mes pages consacrées au Sursis.
http://search.blogger.com/?as_q=sartre&ie=UTF-8&ui=blg&bl_url=rosesdedecembre.blogspot.com

Wictoria a dit…

Je suis toute remplie du désir de lire tout ce qu'il a écrit, bien que je sache ce pari prétentieux. Ce livre était le seul dans ma petite libraire dans laquelle je fais mon "pélérinage" presque chaque mardi soir, même si je n'y achète rien... "Les mots" étaient attendus pour la fin de semaine, je devrai les prendre dans quelques heures :)

Tu vois grâce à mon petit moteur de recherche littéraires, il est vrai que tout tes écrits sur Sartre apparaissent, ainsi que les commentaires afférents. Une mine de mots très intéressants.

Je vais commander le sursis, ce qu'il y a de "formidable" avec Sartre c'est que je le lis comme s'il me parlait, j'éprouve la même chose avec Barrie.

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