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Le phare - Phyllis Dorothy JAMES


Le sujet
Au large de la Cornouailles, une île privée, Combe Island, offre à certaines personnalités un havre de paix "anti-stress", et selon le statut de la fondation, nul, à part les résidents, les saisonniers, ainsi que ceux qui y sont nés a le droit d'y mettre les pieds.

Mais un des habitants, un écrivain à succès, est retrouvé mort de manière suspecte, pendu à l'ancien phare. Suicide ou assassinat ? Le commandant Adam Dalgliesh, assisté de l'inspectrice principale Kate Miskin et de l'inspecteur Francis Benton-Smith sont envoyés sur les lieux pour une enquête discrète, d'autant qu'un important sommet est envisagé sur l'île. Après la confirmation qu'il s'agit bien d'un meurtre, les 3 policiers doivent jouer une course contre la montre pour découvrir l'assassin qui se trouve forcément sur l'île. En effet, une nouvelle menace plane : un des visiteurs a contracté le SRAS. Mais les suspects sont nombreux... car la victime n'était pas très appréciée par son entourage.

Le verbe
Rien de ce qu’il écrit n’est banal. Ses ouvrages répondent, me semble-t-il, à ce qui était, selon Henry James, l’objectif même d’un roman : aider le cœur de l’homme à se comprendre.
Mon complément
J'adore les polars, c'est mon style préféré en matière de littérature. Comme d'habitude, je ne sais pas avant d'arriver à la fin, qui est le coupable. Cette fois, le défunt n'est pas une personne pour qui l'on ressent de l'affection : c'est un arriviste, doué dans l'arrangement des mots mais qui ne dispose pas un atome d'empathie avec ses semblables. Pire, il se sert d'eux pour le fil de ses intrigues. Il ne mérite pas son succès et sa mort est presque un soulagement. Oui, je suis assez dure avec ce genre d'individu. L'auteur s'attache à dérouler en 569 pages la psychologie des personnages : leurs sentiments, leur intimité, leurs amours compliquées. Cela les fait paraître très proches, nous donne le sentiment d'un film à voix chuchotée.
Elle doit avoir 80 ans et des poussières. Elle enseignait l'histoire, je crois. Votre discipline Adam, n'est-ce pas ? Mais vous étiez à Cambridge vous, si je ne me trompe. Elle sera soit une alliée soit une enquiquineuse. D'après ce que je sais des femmes universitaires, je pencherais pour la seconde option.
Le décor est également précis, le paysage de l'île, le ciel, le style des meubles dans les habitations, la couleur des vêtements, des cheveux, les menus servis. Tout est donc très visuel, il n'y a pas de place pour l'imagination. C'est très reposant. Enfin, manière de parler car on ne lâche pas facilement un tel roman : on l'emporte au lit, on lit jusqu'àprès minuit, on se relève même la nuit. Du coup 4 jours suffisent pour arriver au bout. Mais ce que je trouve irrésistible, c'est un certain humour subtil qui me fait dire : elle est trop forte !

8 commentaires:

marie.l a dit…

"Suicide ou assassinat ?" indépendamment de ton analyse et de ton commentaire que j'ai lu avec avidité (j'aime beaucoup les polars aussi !) je me pose la question qui n'a rien à voir avec le livre ou du moins je l'imagine :

un suicide ne peut-il pas être une forme d'assassinat ?

oups ! pardon de cette digression et bon début de semaine wictoria

Wictoria a dit…

Effectivement MarieL :
pour les "croyants", un suicide est un auto-assassinat...

Cela dit, dans l'enquête, le problème de la police est de déterminer si le mort s'est réellement jeté de lui même dans le vide, une corde autour du cou et dans ce cas, personne ne l'y a poussé, ce qui arrangerait bien les affaires des grands "pontes" qui auraient apprécié que l'île conserve son aspect tranquille et secure :)

Evidemment, et très vite, la mort par strangulation maquillée grossièrement en "suicide" est confirmée ...et là, les pistes s'embrouillent de manière déléctable :)

framboise a dit…

Le phare, n'est ce pas aussi le titre d'un roman de Virginia Woolf ?

Gaëlle a dit…

Je sens qu'après Shutter Island, je vais aller faire un tour à Combe Island ! Tout me donne envie dans ta chronique... moi aussi j'adore les bons polars.
Rien de ce qu’il écrit n’est banal. "Ses ouvrages répondent, me semble-t-il, à ce qui était, selon Henry James, l’objectif même d’un roman : aider le cœur de l’homme à se comprendre" : que cela est joliment dit, et comme je suis d'accord ! Décidément je vais lire ce roman. Merci pour la découverte :-))

florinette a dit…

Ton article donne envie de s'intéresser de plus près à P.D.James et commencer par l'exploration de ce phare qui me tente bien !! ;-)

Wictoria a dit…

Go Florinette ! va pour le phare, il va te plaire :)

dasola a dit…

Bonjour, j'ai lu récemment plusieurs romans de PD James et je trouve toujours étonnant la façon qu'elle a de débrouiller l'intrigue en une dizaine de pages (cela a finalement peu d'importance) (comme pressée d'en finir) et en revanche d'écrire plusieurs centaines de pages qui met en place les personnages et décrire la psychologie des personnages, des lieux et révélant peu d'indices. C'est un peu frustrant mais pas désagréable. Bonne fin d'après-midi.

Wictoria a dit…

merci Dasola, ta remarque ici me donne du coup envie de relire un PD James :)

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