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Le cuisinier de Talleyrand - Jean-Christophe DUCHON-DORIS

Un livre sorti en 2006
éditions Julliard
édité en 10/18 "Grands détectives"
297 pages

Le sujet
Autriche, 1814. Le congrès de Vienne bat son plein et, près de Schönbrunn, un homme est retrouvé sauvagement lardé de coups tranchants, haché menu. Janez Vladeski enquête au coeur même du palais Kaunitz, dans les cuisines où travaillait la victime, interrogeant Anna, la jeune veuve sombre, les collègues, et observant attentivement le maître des lieux : Carême, le singulier cuisinier de Talleyrand.

Le verbe
Le moindre reflet prenait sous la buée une consistance magique. Et dans cet univers de vapeurs et de vertiges, les êtres que Janez voyait tourner semblaient des sortes de centaures, piaffant et piétinant les fumées et les flammes.
Mon complément
Ce roman met l'eau à la bouche ! Chaque chapitre débute par la liste des mets dont il sera fait mention dans les pages suivantes. Des mets qui ne sont pas connus mais qui n'en demeurent pas moins alléchants !

Nous pénétrons également dans la cuisine diplomatique où tous les moyens sont bons pour semer le trouble et profiter des errements en vigueur pour s'imposer et suggérer son point de vue.
Talleyrand
Carême
Le style. Très agréable, énormément de vocabulaire emprunté à la cuisine pour les descriptions de la nature, des personnages etc... Une grande palette de couleur aussi.

A noter quelques "redites" assez désagréables :
1) au sujet de la Lune et sa lumière "hasardeuse" qui apparait à deux reprises en quelques pages seulement :
La lune, par dessus les toits, frappait au hasard les façades...(p.139)
La Lune coulait par les soupiraux et versait au hasard, dans les salles, une lumière blanche et froide...(p.146)
2) pour la description de l'inspecteur Janez Vladeski : il est, à multiples reprises, décrit comme étant mince, cheveux rassemblés dans un catogan et attachés avec un ruban rouge, le visage "taillé au couteau".

Mais j'ai aussi noté un clin d'oeil que fait l'auteur à son ami François Thomazeau qui apparait dans le roman en tant que victime :
"Il y avait, travaillant à la même table que Carême, un étudiant lillois du nom de Thomazeau qui habitait une mansarde en face de la bibliothèque.../... Thomazeau a été retrouvé assassiné. Antonin Carême a été aussitôt soupçonné du meurtre parce qu'on a découvert qu'il avait une liaison avec l'épouse de son malheureux compagnon. Et c'était vrai." (p.229)
J'aime beaucoup cette insertion de la réalité dans une fiction. Je n'aurais pas pu remarquer cela sans avoir recherché quelques informations sur l'auteur, et en découvrant son amitié avec ledit Thomazeau, né à Lille...

Le suspens policier est bien mené. L'intrigue "tient la route". Au final, j'ai trouvé ce roman policier...succulent !

6 commentaires:

Lou a dit…

Je ne sais pas ce que je penserais d'être la victime dans le roman d'un ami :) Je n'arrive pas à faire le rapprochement : j'ai lu il y a quelque temps un livre dans lequel le personnage écrivait un roman policier et demandait à quelqu'un s'il préférait être l'assassin ou la victime... je sens que je vais y repenser toute la soirée :p En tout cas, malgré les répétitions, ce roman a su éveiller mon appétit !

Wictoria a dit…

Chère Lou : ce roman est comme un bon petit plat qui se savoure : Duchon-Doris est un écrivain particulier, et rien que pour cela, il faut le découvrir. De lui, j'ai également lu les nuits blanches du chat botté. Il a un style lumineux, dense, légèrement émoustillant, car DD n'oublie pas que les hommes sont des hommes.

François Thomazeau a dit…

Tombé par hasard sur cette note et c'est un plaisir d'être une victime dans les bouquins de JCDD... FT

Wictoria a dit…

Bonjour François, vous avez raison d'être ravi, mes amitiés, à vous et à votre ami JCDD.
Du coup, je découvre sur votre site tout plein d'idées de lecture, et aussi des adresses : l'Ecailler à Paris qui se trouve tout près de mon travail !
Bien cordialement

jean-christophe Duchon-Doris a dit…

A mon tour de tomber "par hasard" sur ce site. Merci pour les compliments et j'ai bien noté, chère Victoria, les erreurs à gommer pour les prochains romans. Quant à François Thomazeau, de même que mon ami l'écrivain marseillais Jean Contrucci, ils apparaissent aussi souvent dans mes romans que j'ai l'honneur d'apparaître dans les leurs. Et c'est un vrai régal d'être tour à tour écrivain de ses personnages et personnage de ses écrvains. Bien cordialement à tous.
JCDD

Wictoria a dit…

Merci Jean-Christophe, pour les redites soulevées, rassurez-vous, même si je les ai remarquées, je ne demeure pas moins une fervente admiratrice, au point de prêter vos livres à mes amis, et je n'aime pas prêter des livres que je n'ai pas aimé :)

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