index des auteurs

Dalva - Jim HARRISON

Un livre écrit en 1987
1989 pour la traduction française
Traduction par Brice Matthieussent
555 pages
Note de Wictoria : je tiens à préciser que la couverture du livre ci-dessous ne représente pas Dalva, qui, bien qu'ayant du sang indien, n'a pas cette apparence.

Le sujet
Santa Monica, 1986. Parce qu’elle est menacée de mort pour avoir pris la défense d'un jeune garçon violé, Dalva décide de quitter Santa Monica pour le Nebraska, berceau de sa famille. Son proche départ est l’occasion pour elle de se mettre à écrire une sorte de journal testament destiné à ce fils qu'elle a dû abandonner dès sa naissance.

Le verbe
Cette nuit là, j’ai dû me réveiller et me rendormir une bonne centaine de fois, l’oreille tendue vers le grincement des palmes agitées par le vent, vers les bruits de la fête, les éclaboussures des gens qui sautaient dans la piscine, les cris brouillés que l’humidité et les murs estompaient jusqu’à ce que tous les mots et les rêves du monde deviennent ronds. (p.179, journal de Dalva)
Mon complément
Jim Harrison est un monstre, un gargantua des histoires. On lit Jim Harrison comme on suit le fil imaginaire d’une spirale. Nous sommes happés, ficelés, fourrés comme des coqs en pâte, ventrus comme une barbapapa : le premier mot traîne à sa suite une ribambelle de sensations, sentiments, souvenirs, dans un gigantesque pêle-mêle qui ne nous étrangle jamais, même s’il est difficile de trouver un moment pour respirer.

Dalva abandonne son fils à sa naissance, elle a 16 ans. A 45 ans, elle décide de le retrouver.
J’ai serré quelques instants le bébé dans mes bras, puis je l’ai embrassé pour lui dire au revoir. J’ai voulu lui donner le collier de Duane, mais je savais que ce bijou se perdrait en route ou deviendrait l’objet de malentendus. (p.91, journal de Dalva)
Michael a pris une année sabbatique dans le but d'écrire une thèse sur l'histoire du Nebraska, qui, l'espère t-il, lui apportera la gloire, ou du moins, une chaire à l'université et implore Dalva de lui laisser étudier les journaux "secrets" de ses arrière-grand-père et grand-père, des hommes exceptionnels qui ont vécu aux côtés des indiens.
Nous découvrons souvent que nous ne sommes pas tout à fait ce que nous croyons être. L’adolescent colle son nez à la vitre d’une Cadillac flambant neuve, et l’homme qu’il porte en lui ne s’en remettra jamais. Ce type se qualifie volontiers d’historien, c'est-à-dire qu’il étudie les traces des habitudes de l’humanité, les guerres, les famines, la politique, ce combustible qu’est la cupidité. Ce que nous sommes, nos actes et nos réalisations pèsent aussi lourd et le plus souvent aussi discrètement que la gravité qui nous rive au sol. La tâche de l’historien consiste à étudier cette gravité invisible, à choisir des échantillons représentatifs du passé pour les examiner à la lumière du présent. (p.194, journal de Michael)
A travers chacun des journaux de ce roman (celui de Dalva, de Michael et des aïeuls, c'est "vachement" bien fichu), c’est l’histoire de l'Amérique et de l'éradication des indiens qui est au coeur du processus d'écriture. Le personnage de Dalva est la pièce maîtresse, le fil conducteur, qui mène à une autre dimension humaine : la mémoire. Je dirais qu'il n'y a rien de trop dans ce roman, sauf peut-être quand Jim Harrison s'enflamme pour la vie sexuelle de nos héros : les femmes sont globalement insatisfaites, les hommes ne pensent qu'à "ça". Fantasmes et clichés un peu énervants car je n'aime pas tenir le rôle du "voyeur" et, si je m'amuse des petites scènes corps à corps nus que JH nous concocte, je trouve le trait un peu forcé. Difficile de dire combien ce roman est beau : émotions, nature, flore et faune, bisons et chevaux, voilà une lecture passionnée d'une histoire passionnante avec laquelle je viens d'avoir rendez-vous, un livre que l'on ne désire pas achever. Quitter Dalva c'est un peu se quitter soi-même.

8 commentaires:

framboise a dit…

Chère Wictoria,

Je comprend que Dalva t'ai passionné, j'aimerais en savoir un peu plus sur ce roman, pourquoi a-t-elle abandonné son enfant, était-elle menacée en tant que témoin quand elle a accouché ?
Et surtout l'a-t-elle retrouvé par la suite car tu sais que j'aime les happy end?
Tu as l'air conquise et même plus que cela , envoûtée presque.

Vincent a dit…

Tien!!!!!Framboise ici!!!!
Salut framboise!
salut aussi VVic!
belle article. n'est ce pas lui qui prédit que la culture française est en train de mourir?
C'est étrange, quand j'entends son nom, je vois tout de suite un leader de groupe de pop-rock hippy des sixties.
je ne sais pas pourquoi mais c'est un nom qui ne colle pas avec le roman.
mais tu me donne envie de le lire.
A plus et bon weekend mesdames

Wictoria a dit…

Chère Framboise,

Pour éviter de trop en dire, je t'ai répondu en privé :)

Bises

Wictoria a dit…

Vincent :)

Jim Harrison et non pas Jim Morrison ah ah ha qui était le chanteur du groupe Doors (excellent groupe dont j'ai évidement les CD !!!)

Jim Harrison est américain, j'igonre s'il connait le français...

J'ai rajouté un site en français sur l'auteur, en lien dans mon article.

A + Vincent !

Loula a dit…

J'adore ce livre, je suis moi aussi "envoutée" par ce livre... En revanche j'ai beaucoup été déçue par la suite, "La route du retour".

Wictoria a dit…

Loula tu vois, je crois que je ne vais pas trop attendre avant de lire cette suite, remarque, Dalva eest tellement bien ancrée en moi que j'ai l'impression qu'elle va tout me dire :)
Pourvu que je ne sois pas déçue !

Anonyme a dit…

Excellente ta critique sur "Dalva" (mon livre n'a pas la même couverture, plus sobre).
J'ai également apprécié la suite "La route du retour", même si elle n'arrive pas au niveau de "Dalva", quelques longueurs sur la vie d'artiste du grand-père, mais j'ai apprécié la suite de l'histoire du premier Northrige.
Il ne me reste malheureusement plus beaucoup de "Jim Harrison" à lire.

Didier

Wictoria a dit…

Cher Didier, sans toi, tu sais que Dalva me serait une inconnue...
Je reste à l'affut d'autres lectures de Jim, j'ai de la chance, il m'en reste encore de nombreuses :)

Enregistrer un commentaire

les commentaires sont les bienvenus s'ils concernent le livre commenté ; j'ai activé la vérification des mots (désolée mais je reçois vraiment trop de "spam") ainsi que la modération des commentaires avant leur publication sur le site.