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Le tableau de l'apothicaire - Adrian MATHEWS

Un livre édité en 2005 sous le titre "The Apothecary's house" chez Macmillian
Traduit de l'anglais par Michèle Garène
Publié en 2006 chez Denoël
550 pages

Le sujet
Amsterdam de nos jours. Ruth Braams, historienne d'art, travaille au Rijksmuseum sur l'enregistrement des oeuvres d'art réquisitionnées par les nazis et de leurs requérants afin de permettre à une commission de restituer l'oeuvre au propriétaire légitime. Lydia, une dame âgée et souffrante, entre dans la bibliothèque où travaille Ruth et réclame son tableau : "Femme allongée au mimosa", peint par son ancêtre Johannes Van der Heyden. Après vérification, Ruth découvre que son tableau est fort convoité. Mais surtout qu'il a attiré l'attention des hauts dignitaires nazis dans le passé, dont Hitler en personne. Que cache ce modeste tableau, de bonne facture certes, mais dont personne n'a jamais entendu parler ? Le support du tableau est une plaque de cuivre et d'étranges inscriptions sont apposées à son dos. Une énigme qui marie l'alchimie des éléments, mais aussi celle des sentiments.

Le verbe
Les poutres en pente, la petite fenêtre, l'âtre et le manteau de la cheminée - tout était exactement comme deux siècles et demi auparavant quand la beauté brune s'était endormie sur la méridienne, dans le parfum du mimosa, et que l'homme se tenait, triste, debout à la fenêtre, perdu dans la contemplation du canal. (p.322)

Je suis confrontée à un fantôme ou à un démon - mon ombre la plus noire. Je l'incube. Il faut que je le fasse éclore. Que je casse cet oeuf du diable. (p.497)
Mon complément
Comme l'indique le titre original, l'objet principal de ce roman n'est pas le tableau de l'apothicaire mais sa maison. La maison est au centre de l'énigme. Mais nous ne l'apprenons que vers la fin. Avant d'en arriver là, l'auteur parvient à tricoter une incroyable énigme sur fond d'invention, de peinture, de chimie, et, the last but not the least, de passion. Plus de 500 pages qui ouvrent et poussent des portes incroyablement bien huilées. Comme la peinture dont il est question.
Un style plus qu'honnête avec de bons mots, des formules qui font mouche, et pas du tout de "redites", choses que je déteste.
L'argent. C'est le plus petit violon au monde. Tout le monde ou presque fait la queue pour en jouer.
Nous découvrons aussi Amsterdam, ses vélos, ses canaux et ses péniches, comme celle où habite Ruth, la rebelle. Sans oublier la "fumette" !!!! citée à de nombreuses reprises, j'ai trouvé cela moyen, je dois être une sorte de vieille bique, c'est sûr, à cheval sur certains principes et notamment celui de ne pas inciter à la drogue... Bref.
photo par MorBCN
Mention spéciale à l'auteur pour la qualité des lettres écrites par Johannes Van der Heyden à son ami, dans lesquelles nous assistons à la transformation d'un pauvre apothicaire en un véritable ingénieur de l'image. Un dernier mot encore : Johannes Van der Heyden a réellement existé (1637-1712). Peintre baroque hollandais il fut également un inventeur.
Johannes Van der Heyden
Parmi ses oeuvres : en voici une dans le ton de ce roman, ambiance studieuse :

et une autre, représentant les canaux :

Je découvre un peintre en lisant un roman de fiction. Les livres nous réservent de réels enchantements.

Il est question d'Alt Aussee dans ce livre, la mine de sel où les nazis entreprosaient les oeuvres volées.

Ce mot me disait quelque chose, je viens de vérifier. Je l'ai lu dans le roman Le Portrait de Pierre Assouline qui romance les mémoires post mortem de Betty de Rothschild.

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