La pazienza del ragno de Andrea Camilleri
© 2004, Selliero Editore, Palermo
© 2006, Editions Fleuve Noir Traduit de l'italien par Serge Quadradruppani
Un livre de ma sélection :
Les années 2000. Sicile. Le commissaire Salvo Montalbano se remet d'une blessure par balle. Chaque nuit, le claquement du ressort du temps résonne dans sa tête et le réveille, toujours à la même heure : il est trois heures vingt sept minutes et quarante secondes, heure à laquelle on a tiré sur lui.
Convalescent, il est rappellé en service par le questeur pour une affaire de disparition, celle d'une jeune fille qui s'est évaporée sur le chemin de son domicile. Enlèvement ? Qui a intérêt à demander une si grosse rançon alors que la famille est désargentée. La mère de la jeune fille se meurt de chagrin, et telle la peau, se rétrécit à vue d'oeil. Survivra t'elle à l'absence de sa fille qui la veille jour et nuit ? De quoi se meurt-elle ? Montalbano questionne, observe, écoute. Mais quelqu'un ment.
A la fin, grâce à l'observation d'une toile d'araignée apparue dans la nuit, il comprend tout !
Extrait choisi :
(P 137)
Sous la couverture bien tirée, on n'apercevait aucun gonflement de corps humain, manquaient même les deux pointes que forment les pieds quand on est couché sur le dos. Et cette espèce de boule grise oubliée sur le coussin était trop pitchoune, trop petite pour être une tête, peut-être une vieille et grosse poire de clystère qui s'était décolorée. Il avança de deux pas et l'horreur le paralysa.
Mon avis :
Encore un livre "policier", je sais, mais c'est mon genre préféré ! Cela dit, ce n'est pas un policier comme les autres. Tout d'abord, le style d'écriture est en dehors de sentiers battus. Le traducteur l'annonce en préambule : puisque Camilleri écrit ses livres comme il parle, en utilisant un argot sicilien, il a voulu conserver cet univers en francisant l'argot ce qui donne un ton intimiste au récit. Le résultat peut surpendre :
(P 177)
Lentement, il sentit que son sang n'était plus gelé, qu'il courait de nouveau. Il a réussit à s'asseoir. Mais sur son visage, il devait avoir une sorte d'abasourdissement infini et il ne voulut pas que Livia la voie.
Comme d'habitude, je n'ai absolument rien deviné avant le dénouement final. Mais je sais une chose : je relirai certainement d'autres enquêtes de Salvo Montalbano !




