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La mer - Yoko OGAWA

Un livre aux éditions Actes Sud (2009)
Titre original : Umi (2006)
Traduction par Rose-Marie Makino-FayolleRecueil de 7 nouvelles.
148 pages

Les sujets

I/ La mer
Le fiancé d'une jeune fille fait connaissance de sa future belle-famille, et découvre que le petit frère joue d'un mystérieux instrument de musique.

II/ Voyage à Vienne
Une jeune femme aide sa compagne de chambre à retrouver son ancien amour moribond.

III/ Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly
Une jeune femme apprend à taper sur une machine japonaise. Certains caractères semblent plus fragiles que d'autres. Elle découvre alors le gardien des caractères d'imprimerie qui vit dans le dépôt.

IV/ Le crochet argenté
Dans un compartiment de train, une femme se souvient de sa grand-mère en observant sa compagne de voyage tricoter.

V/ Boîtes de pastilles
Pour réconforter les enfants qui parfois pleurent et dont il ne sait comment les rassurer, un chauffeur de car à l'idée de leur offrir de providentielles pastilles des bonbons pour les réconforter.

VI/ Le camion de poussins
Un vieux portier loue une chambre chez une veuve dont la petite-fille est muette ; jour après jour, l'enfant lui apporte une collection de mues d'animaux qu'ensemble ils contemplent.

VII/ La guide
Le fils d'une guide touristique qui a exceptionnellement accompagné sa mère, part à la recherche d'un vieux monsieur qui s'est égaré lors de l'excursion. Il lui tient compagnie et découvre que le métier du vieil homme est très particulier : il trouve un titre aux souvenirs de ses clients.

Le verbe
Enveloppée dans ses bras âgés, le dos caressé, je sentais la tristesse se répandre progressivement en mon coeur. Même s'il s'agissait de la mort d'un homme qui n'avait aucun lien avec moi, avec qui je n'avais jamais parlé, une douleur existait semblait-il, que les personnes présentes devaient éprouver. Elle baignait mon corps comme une source glacée. (p.49-Voyage à Vienne)
A partir d'un petit caractère, le gardien peut décrypter toutes sortes d'aspects. En réalité, le que je lui ai apporté avait seulement la moitié du trait gauche des deux traits centraux ébréchée, mais cela seul suffisait à détruire l'équilibre de l'ensemble. (p.68-Le bureau de dactylographie japonaise "Butterfly")

Mon complément
Voilà un merveilleux recueil de nouvelles, plus poétiques les unes que les autres... tout comme la couverture (de Louise Robinson) :

Au sujet de la machine à écrire, j'ai fait quelques recherches. Certes, en janvier, j'avais lu un article chez Locus Solus qui parlait de cet étrange instrument. Mais j'ai fait ma propre enquête sur le net et j'ai trouvé des choses intéressantes :
de quoi mieux se rendre compte de quel instrument particulier il s'agit dans cette histoire.

La dernière page tournée, je suis comme orpheline. Alors, je me feuillette les pages, je les respire encore pour retrouver mon foyer, une certaine mesure des choses, des mots. Un murmure, un doux crépitement, celui des ailes qui battent, la présence d'une forme qui est ma muse. Yoko Ogawa est mon alter ego, enfin, le genre d'écrivain que j'aurais pu être...
Allez, pour l'émotion, encore un bel extrait :
- J'aimerais que vous donniez un titre à la journée d'aujourd'hui.
L'homme a acquiescé en silence, et il a fixé un point dans le ciel cerné par les ténèbres de la nuit. Sans ciller, sans laisser échapper sa voix, même son souffle n'arrivait pas jusqu'à moi. Pour ne pas le déranger dans son travail, je suis resté immobile.
.../...
J'ai tout de suite su que c'était le titre. Mon titre pour graver cette journée-là dans ma mémoire. (p.147)

6 commentaires:

Lune de pluie a dit…

Voilà un Ogawa que je vais m'empresser de découvrir et ce que tu en dis laisse supposer bien des promesses pour l'amateur de cet écrivain dont chaque livre apporte quelque chose et remue (je comprends ceux qui n'aiment pas). Bonne journée :)

vince a dit…

j'aime assez les nouvelles. Pas mal de grand auteurs préfèrent cette forme de romans : Daphné du Mourier,
Nadine Gordimer.. C'est drôle, surtout des femmes!
bonne journée
bises

Wictoria a dit…

Lune de pluie :
Yoko Ogawa est étonnante : chaque mot choisi a l'air simple, et pourtant, quelle technique, quel regard ! elle me fait l'impression d'avoir un microscope sous la plume...

Vince :
en tout cas, la nouvelle permet de synthétiser une idée particulière, moi j'y vois aussi une opportunité d'écrire une histoire sans que celle-ci dure des "plombes", il faudrait que je m'y mette :)

Theoma a dit…

un beau billet qui fait envie. merci !

Lou a dit…

gosh ! je ne savais même pas qu'elle venait de sortir un livre ! Je sors mes Ogawa en stock dès mon retour et je lis celui-ci par la même occasion !

vince a dit…

vrai!!! et éviter les temps morts, les blablas.....
t'as intérêt!!!

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