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L'étrangleur d'Edimbourg - Ian RANKIN


Le livre
Traduit de l'anglais par Frédéric Grellier
Editeur français : librairie générale française - édition novembre 2008
285 pages
Titre original : Knots and crosses
1987

Le sujet
Edimbourg (Ecosse). De nos jours. Un déséquilibré enlève et étrangle des gamines. John Rebus reçoit de mystérieuses lettres évoquant sa capacité à lire entre les lignes. Son frère cadet, hypnotiseur de son état, trafique avec la drogue, ce qui a pour effet d'attirer sur eux l'attention de Jim Stevens, un journaliste pugnace. Rébus patauge dans son enquête comme dans les bas fonds de sa mémoire auquels il tente d'échapper. Pourtant, c'est dans son passé que réside la clef du mystère...

Le verbe
Ils passèrent la soirée à boire dans quelques-uns des bars les plus glauques d'Edimbourg, là où les touristes ne mettent jamais les pieds. Ils tentèrent d'écarter l'enquête de leur esprit mais c'était impossible. C'est toujours comme ça, une grosse enquête, ça vous prenait physiquement et psychologiquement, ça vous consumait et on s'y plongeait avec d'autant plus d'acharnement. Chaque meurtre vous donnait une poussée d'adrénaline, ce qui permettait de tenir au-delà du point de non-retour. (p.66 - où Rebus noie sa déprime)
Mon complément
Je découvre l'inspecteur Rebus avec cette première enquête tortueuse comme les noeuds dont il est question, ceux des cordes entourées autout des cous des petites victimes, ceux qu'il lui faut dénouer s'il veut retrouver sa propre fille vivante. Mais l'instant est mal choisi, le voilà qui perd pied, hanté par des souvenirs insupportables de son anciennne vie de militaire dans les forces spéciales. Une chose est arrivée, qui l'a fait fuir son passé, une chose dont il a tout oublié, mais qu'il lui faut affronter pour faire face au présent.

J'ai trouvé le personnage de Rebus pour le moins atypique : je m'explique. Rebus est un homme fragile, il pleure, il se traîne dans les bars glauques, il prie Dieu et se laisse envahir par le bordel autour de lui (il aurait besoin d'un coaching du genre feng-shui pour lui remettre les idées et son appartement en place). Pour tout dire, j'avais envie de le secouer.
Maintenant, côté intrigue, j'ai trouvé un bon suspense jusqu'au 3/4 et ensuite, j'avais hâte que le livre se termine. Beaucoup de répétitions, des phrases ordinaires, qui plombent le plaisir de la lecture. J'ignore si c'est le fait de l'auteur ou du traducteur qui n'a pu rendre les détails originaux, cela m'apprendra à être incapable de lire en VO.
Pour finir ce billet d'impressions, je ne résiste pas à l'envie de rajouter un extrait accompagné de cette photo que je trouve en belle osmose, où l'ombre cotoie la lumière :
Il faisait presque nuit, le soleil n'était plus qu'un souvenir derrière les épais nuages. Les peintres religieux d'autrefois avaient dû connaître des ciels semblables, jour après jour, voyant la marque d'une présence divine dans les nuages bleuâtres, la preuve même de la puissance de sa création. Rebus n'avait rien d'un peintre. Ses yeux trouvaient la beauté sur une page imprimée plus que dans la réalité du monde. (p.182)
Edimbourg depuis Calton hill
Crédit photo : Krasnyi Fotoapparat

8 commentaires:

Ys a dit…

Effectivement, on dirait que la photo a été prise pour cet extrait ! J'ai inscrit cet auteur dans mon challenge ABC 2009, ça sera aussi une découverte pour moi.

Viviane a dit…

Ce livre est très prenant, il y a déjà quelques temps que je l'ai lu et cet univers glauque et ces beuveries dans cette ville qui semble vivre fermée sur elle-même... C'est mystérieux et j'ai eu envie d'arriver vite à la fin.
Bonne fin de journée
Amicalement
Viviane

Lou a dit…

Quelle photo magnifique ! Je lirais bien un roman qui se passe là, mais peut-être pas ce Ian Rankin :)

Isil a dit…

J'ai lu deux romans de l'auteur mais je n'ai jamais vraiment accroché.

Karine :) a dit…

Bon, je vais parler uniquement de la photo mais myyyy god que j'ai hâte de voir ça! C'est magnifique!

Wictoria a dit…

la photo est superbe en effet ! j'ai mis du temps à en trouver une digne de la ville d'Edimbourg et de sa mystérieuse histoire...

Quant à Rankin, je trouve que ce n'est pas le meilleur auteur de polar, côté style et fignolage du suspens : je vous recommande PD James, inégalable, la top du top !

Didier a dit…

Les deux premiers tomes (l'étrangleur d'Edimbourg et le loup garou de Londres sont les moins bons. Ils mettent en place le personnage pour la suite. Ces suivants sont à mon sens nettement supérieurs et plus cyniques sur la réalité de la société, et de la vie,l'un au moins a reçu un prix.

Wictoria a dit…

je ne lâcherai pas Rebus avant plusieurs tomes, ce personnage m'a l'air attachant et, surtout, je suis curieuse de voir s'il va "sortir" un jour de son traumatisme...
@ suivre donc...

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