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Les belles endormies - Yasunari KAWABATA


Le livre

Date de Parution : 1970
Titre original : Nemuneru bijo
Editions Albin Michel
180 pages

Le sujet

Japon. Une curieuse maison close offre à de vieux messieurs des jeunes filles sciemment endormies pour la circonstance, auprès desquelles ils peuvent passer de chastes nuits à rêver à leur jeunesse et se préparer à affronter le temps qui passe.

Le verbe

En fait, on parle de passé lointain, mais chez l'homme mémoire et réminiscences ne peuvent sans doute être qualifiées de proches ou lointaines en fonction uniquement de leur date ancienne ou récente. Il peut arriver que, mieux qu'un fait de la veille, un évènement de l'enfance, vieux de soixante années, soit conservé dans notre mémoire et resurgisse de la façon la plus nette et la plus vivante. (p.32)
Mon complément
J'ai reçu ce livre reçu dans le cadre du wabi-sabi swap de la part de Fanyoun que je remercie chaleureusement car sans elle, je serais passée à côté d'un auteur qui m'était jusqu'alors inconnu.

Au delà du sujet soumis à controverse puisque le lieu où se situe le récit est une maison close, et cela, même si les relations sexuelles sont, a priori, prohibées, ce roman est de toute beauté. Nous assistons aux réflexions d'Eguchi, un homme de 67 ans qui, bien que ressentant encore toute sa virilité, accepte le respect de la règle de l'étrange maison de plaisirs : ici, la seule consommation permise est celle du souvenir.
La peau, l'odeur jeune des filles, peut-être apportent-elles aux tristes vieillards de cette espèce pardon et consolation. (p.119)
Point de pénétration autre que celle de la pensée dans le bassin de la mémoire. La chambre, avec ses tentures rouges, me fait l'effet d'un utérus. A chaque nuit qu'il passe dans la maison, auprès d'une nouvelle fille, Eguchi retrouve une sorte de maternité : il retrouve le souvenir des filles qu'il a connues, celui de sa mère, et aussi de ses propres enfants.

Un roman qui nous emporte à la rencontre de notre poésie intérieure, celle de nos vrais désirs, et peut-être aussi, à la rencontre de l'intuition que nous sommes au fond toujours seuls face à notre propre conscience des choses et des êtres.

7 commentaires:

Karine :) a dit…

Ca me fait carrément peur, comme sujet... Par contre, le traitement semble éviter la vulgarité, je me trompe??

Wictoria a dit…

Tu as tout compris Karine
Ici, point de vulgarité, au contraire, nous lisons au travers de la conscience de cet homme qui "paye" pour avoir une femme auprès de lui et qui ne le juge pas : endormie, elle est incapable de le trouver repousant à cause de sa vieillesse.
Le sujet au fond, n'est pas l'amour de l'autre, mais celui que l'on porte sur soi même, son amour propre tu vois, c'est ainsi que je ressens ce livre.
Ses impressions sont donc "décortiquées" et nous cheminons avec Eguchi dans sa quête d'un certain repentir.

Très TRES beau !!!!

Allie a dit…

Moi aussi j'ai beaucoup apprécié ce livre. Même si le sujet est troublant, c'est tellement bien écrit et tellement bien traité que la lecture est très intéressante!

Wictoria a dit…

une lecture qui m'a un peu rebutée au début : je me disais : mais quelle idée d'offrir ce genre de littérature ? alors je dis merci, mille fois merci à cette chère Fanyoun qui a osé franchir le pas de mes préjugés :)

Danalyia a dit…

Oui, un livre magnifique, comme toute l'oeuvre de Kawabata...

Wictoria a dit…

une oeuvre que je découvre à peine Danalyia et que je pousuivrai certainement, quand ma "pile à lire" aura un peu baissé de volume :)

framboise a dit…

Kawabata , auteur fétiche de ma fille, je lui ai offert une très beau coffret.
J'ai lu quelques nouvelles, mais pas ce livre là.
Idée de cadeau à retenir si elle ne l'a pas déjà.

bises

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