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Dans la nuit Mozambique - Laurent GAUDÉ

Le livre

  • Date de Parution : 2007
  • Editions Actes Sud
  • 159 pages
  • Recueil de 4 nouvelles : Sang Négrier, Gramercy Park Hotel, Le colonel Barbaque, Dans la nuit Mozambique

Sang Négrier

Le sujet
France, Saint Malo. Début 19 ème siècle. Cinq Africains s'échappent du bateau qui les emporte vers l'Amérique où ils seront vendus comme esclaves. Toute la ville se met en chasse pour les tuer. Un seul en réchappe, et sème ses doigts tranchés qu'il abandonne dans toute la ville. Un jour, un onzième doigt noir est retrouvé. La Capitaine du navire, responsable du drame, vit dans la terreur d'être retrouvé par l'homme qu'il considère comme le fantôme de sa conscience.

Le verbe

La ville se mit à grouiller de plusieurs rumeurs. On en avait vu un près de la porte Saint-Louis. Un autre sur les toits du marché couvert. C'était des géants aux dents qui brillaient dans la nuit. Même nous qui connaissions ces nègres pour les avoir eus sous nos pieds pendant trois semaines de traversée, même nous qui savions qu'ils n'avaient rien de géants mais étaient secs et épuisés comme des fauves en captivité, nous laissions dire. Les hommes avaient besoin de cela. Il fallait que croisse la démence pour que nous sortions de nous-même. (p.24)

Gramercy Park Hotel

Le sujet
New York. Après avoir été passé à tabac, et abandonné pour mort sur le trottoir, un vieil homme se souvient de son amour, une femme schizophrène, morte sans avoir revu l'hôtel dans lequel ils avaient passé une merveilleuse nuit d'amour romantique. Il décide d'y retourner.

Le verbe

Je suis le dernier. Tous ceux à qui je pense, tous ceux qui peuplent ma mémoire, tous ces noms que je connais, qui me rappellent un visage, sont des noms de disparus. Je suis un vieux drogué. La longue pipe de ma mémoire, sur laquelle je tire des bouffées de passé, emplit mon âme de visages morts et de sourires blessés. Tu règnes au milieu d'eux tous, Ella. Vous m'avez tous abandonné. Je suis le seul en vie. Le dernier à tenir. C'est horrible de solitude. (p.80)

Le colonel Barbaque

Le sujet
Afrique. Fin de la 1ère guerre mondiale. Un ancien "poilu" devient trafiquant, et vend toutes sortes de marchandises. Il finit par se rebeller contre toute autorité, déclare la guerre aux colons français, et se proclame "roi" de la jungle. Malade et fièvreux, il est abandonné par les tribus aux côtés desquelles il a combattu. Il est installé au fond d'une pirogue qui part à la dérive le long d'un fleuve d'où il vit ses derniers instants.

Le verbe

Je ne suis plus le colonel Barbaque. Pour la première fois depuis si longtemps, je ne suis plus l'homme aux mains de sang. La fièvre fait disparaître un à un tous ces hommes en moi : Barbaque, Ripoll, ils me quittent. Je reste nu. Le ciel immense au-dessus de moi. Je sens le vent chaud me caresser la peau. Laissez passer l'homme qui meurt. (p.122)

Dans la nuit Mozambique

Le sujet
Portugal. Deux hommes, l'amiral de Medeiros et Fernando se retrouvent pour parler de leur amicale : ils étaient trois marins à se rencontrer épisodiquement autour d'une bonne table dans le restaurant de Fernando. Maintenant, le contre-amiral Da Costa est mort, et le commandant Passeo est parti pour le Mozambique ; en reviendra-t-il pour raconter ses nouvelles aventures ?

Le verbe

Avec l'aide de Fernando, ils refirent le plan de table. Ils observèrent la place du commandant Passeo. Une petite tache de vin rouge semblait la marquer avec exactitude. Les mains qui avaient fait cette tache savaient-elles qu'elles ne reviendraient jamais ? pensa l'amiral. Il avait sous les yeux une trace tangible de leur amitié et il trouva cela beau. (p.130)

Mon complément
Ce recueil de nouvelles rassemble des hommes confrontés à la solitude et à leur destin. La mort est proche, et telle un poisson pilote, elle éclaire les fantômes qui les accompagnent. Ma préférence est pour "Sang négrier", une histoire des plus sinistres et angoissante, ensuite, j'ai été touchée par "Dans la nuit Mozambique", une merveille de sensibilité, célébrant l'amitité dans sa forme la plus pure. "Le colonel Barbaque" est un récit proche du souverain Tigre bleu de l'Euphrate. J'ai moins aimé "Gramercy Park Hotel" dont le sujet est peut-être moins puissant. Dans chaque récit, j'ai retrouvé l'univers de Laurent Gaudé, un monde qu'il me faut entièrement parcourir.

2 commentaires:

Nicolas a dit…

J'ai préféré les deux dernières nouvelles. J'ai apprécié l'ensemble, mais je dois reconnaître qu'avec du recul le recueil est loin de m'avoir marqué.

Wictoria a dit…

je crois que j'ai été marquée par Laurent Gaudé que j'ai rencontré en vrai, j'ai beaucoup d'estime pour lui et son travail.

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