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Mort de Bunny Munro - Nick CAVE



Le livre
Date de Parution : 2009
Titre original : The Death of Bunny Munro
Editions Canongate, Flammarion pour la version française
Traduction par Nicolas Richard
330 pages


Le sujet

Angleterre. Bunny Munro, un père fragilisé par sa dépendance au sexe, à l'alcool et à la drogue, anéanti suite au suicide de son épouse chérie mais largement trompée, tente de prouver à son jeune fils qu'il est vraiment le papa le plus formidable au monde. Munis de la liste des clientes potentielles des produits de beauté que Bunny vend en porte à porte, ils partent tous deux à bord de la Punto à la rencontre de leur destin.

Le verbe
Il remarque que les ombres derrière lui ont commencé à dégouliner, à s'étaler et se repositionner. Elles semblent s'allonger et prendre des personnalités qui ne leur seraient pas attribuées en temps normal, comme si elles avançaient sur lui en provenance du monde des esprits. Bunny a le sentiment inattendu de sa mort imminente - pas nécessairement aujourd'hui mais bientôt - et se rend compte non sans perplexité qu'il en éprouve un certain réconfort. (p.76)
Mon complément :
J'ai envie de commencer par dire que ce livre est une sorte de mélange, un cocktail sans modération aucune : un road-movie frénétique d'un homme perdu qui descend de plus en plus dans l'oubli de lui-même, incapable de reprendre pied dans une vie où l'attend patiemment son garçon de 9 ans en consultant sa chère encyclopédie, tandis qu'il fait du gringue aux desperate housewives d'Angleterre façon Hank Moody (de la série Californication) et se montre impuissant à s'occuper de son fils qui pourtant l'adore.
Bunny Junior espère que rien de vraiment terrible n'arrivera à son père, car même si sa mère a dit qu'il était perdu, et même s'il n'a probablement pas été un bon père comme ceux qu'on voit à la télé, dans les magazines, dans les parcs et tout ça - eux qui par exemple achètent du collyre pour ne pas que leur enfant devienne aveugle, ou qui joue au frisbee dans les jardins publics, des trucs dans ce genre - il aime son père de tout son coeur et pour rien au monde il ne l'échangerait contre un autre. (p.278)
Un style nerveux qui ne manque pas d'audace, de poésie, de fantasmagorie, de réalisme, d'humour, de désespoir, de fierté et de honte. Un cocktail avec une dose de Big Lebowski et une de Donnie Darko :


Impossible d'en dire plus si je veux éviter de révéler quelques clefs... Disons simplement que nous avons là une sorte de livre-boutis formé par des pièces de vie rattachées entre elles par des fils ténus comme l'espoir, l'espoir d'un autre monde, d'une autre chance.

Notons les passages hilarants côtoyant les plus sordides, les blancs et les noirs, les lumières et les ombres :
  • orange le fantôme de la mère vêtu de sa petite robe orange qui tournoie dans les pages, tantôt pour épouvanter son mari, tantôt pour rassurer son fils
  • bordeaux la bétonneuse Dudman (l'homme-camelote) qui apparaît à plusieurs reprises
  • blanche la brume qui arrive à l'approche du fantôme
  • noirs les nuages qui s'amoncellent dans le ciel troublé
  • bleu le ciel "comme une piscine"
Un roman jubilatoire que nous n'avons jamais jamais envie d'achever... mais puisqu'il le faut, alors avouer qu'à la fin j'ai pleuré.
Photo de l'auteur sur l'avant dernière page du livre


Nick Cave est également chanteur, j'en ai parlé dans le billet du film "Les ailes du désir".

7 commentaires:

L'or des chambres a dit…

La couverture me donne des frissons d'horreur... Elle me fait s ans doute trop pensé à cette affiche de film que tu as mis. Celui là ne me tente pas trop. Je voulais juste te dire que j'aime beaucoup ton blog et ta façon de faire tes billets. Cela me ferait très plaisir que tu passe chez moi et que tu me laisse un petit commentaire... Bonne soirée à toi !

tulisquoi a dit…

arf j'ai hésité ce matin à la librairie devant ce livre. Et en lisant la 4ème de couv, ça me faisait penser à Sukkwan Island, l'histoire père-fils partie en balade. Alors je l'ai reposé, parce que même si j'ai adoré, je n'avais pas envie de relire la même chose tout de suite.
Là, ton avis me dit que j'ai eu tord de le reposer. Et qu'il faut donc que je l'ajoute assez vite à ma PAL.

Wictoria a dit…

L'or des chanmbres : merci pour tes encouragements, et si je peux me permettre un conseil, je vois que tu es nouvelle dans le monde litto-bloguesque : n'attends pas trop des commentaires, mieux vaut te faire plaisir à toi, te faire ton petit résumé de lecture, pour TOI, et tes AMIS, mais si tu attends beaucoup de commentaires comme sur certains blogs, c'est dommage, chacun à sa vie, sa façon de faire et d'appréhender les choses, les évènements. Perso, j'ai plus de 100 blogs suivis, et bien entendu, je ne peux pas laisser de commentaires sur tous, cela me prendrait la journée et, pour ma part, je travaille, ce qui, crois-moi, n'est pas le cas de la plupart qui vivent "collés" à leur blog. Il ne faut pas devenir dépendant, c'est un conseil d'une "vieille" qui tient un blog depuis 2004, si j'avais dû continuer en focntion du nombre de commentaires, je ne serai plus là :)
Bien amicalement

Wictoria a dit…

tulisquoi : de toute manière, on ne peut pas tout lire, mieux vaut faire confiance aux signes du destin, et ce livre tombera peut-être un jour dans tes mains :)

L'or des chambres a dit…

Ce n'était pas une obligation non plus... Je ne vis pas que pour mon blog dieu merci... J'ai moi aussi beaucoup d'occupation (trois enfants...) Les commentaires c'est juste un "petit plus"... Et c'était juste pour amorcer l'ébauche d'un échange... Mais j'ai l'impression que mon petit mot n'a fait que te "déranger"... Ce n'était pas fait pour...
Amicalement aussi.

Wictoria a dit…

L'or des chambres : tu ne m'as pas dérangée :)
Les échanges sont également des choses importantes pour moi.
Excuse mon ardeur à me défendre, il est vrai que je ne laisse pas tellement de commentaires sur les blogs en général (je n'en laisse plus ! car il fut un temps, je n'avais même plus le temps de lire :).
Amicalement

L'or des chambres a dit…

Je vois que tu utilise le mot "défendre" je suis désolée que tu te sois senti agressé... Ce n'était pas du tout mon but, au contraire... Comme je te le disais j'apprécie beaucoup ton blog et je le lis maintenant depuis plusieurs mois...
Désolée encore et je vais bien sûr continuer à venir te voir très souvent !
Bonne semaine à toi !

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