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Le rêve de l'escalier - Dino BUZZATI


BUZZATI

Le livre
:
Titre original : Le notti difficili (partie 2)
Date de parution : 1971
Traduction française par : Michel Sager
Editions Laffont (Livre de poche)
150 pages


Le sujet :
Italie. 25 nouvelles fantastiques qui parlent des rêves, des illusions, du temps qui passe, du temps qui se casse, un peu de magie, beaucoup de folie...

1/ Le rêve de l'escalier
Un escalier se dérobe sous les pas du rêveur

2/Crescendo
Une femme reçoit la visite d'un souvenir.

3/ Le papillon
Un homme imagine échapper à la mort en prenant possession d'un autre corps.

4/ Mosaïque
Le destin et la mort dans 23 tableaux.

5/Tic-tac
Un étrange bruit d'horloge annonce des bouleversements.

6/Anecdotes de la ville
Destin et mort en ville.

7/Vieille auto
Un homme n'arrive pas à se débarrasser de sa voiture.

8/Changements
Evolution du regard sur les choses qui nous entourent.

9/Récit à deux voix
Deux amis enchaînent une histoire l'un après l'autre.

10/Délices modernes
La guérilla - les pollutions - les pirates de l'air et la drogue

11/Icare
Un satellite va s'écraser sur la Terre. Le savoir ou pas...

12/Inventions
Les progrès et l'intuition.

13/Vitesse de la lumière
Au rythme du progrès du chemin de fer.

14/Bestiaire
4 histoires d'animaux très particuliers.

15/L'aliénation
Un homme constate qu'un autre a pris sa place.

16/Progressions
Le culte de la narration.

17/Une soirée difficile
La peur de mourir.

18/Vergetures du temps
Distorsions du temps.

19/Lettre d'amour
Les sacrifices de l'amour.

20/Petits mystères
Petits récits mystérieux.

21/Au sommet de la vague
Les embarcations de l'humanité.

22/Les vieux clandestins
D'étranges lunettes révèlent à celui qui les porte ceux qui vont bientôt mourir.

23/L'éléphantiasis
Expansion anarchique des molécules de polymères.

24/Clair de lune
Le pouvoir de la lune sur la perception des choses et du temps.

25/L'épouse ailée
Une épouse docile mais mal mariée finit par perdre ses ailes en découvrant l'amour.


Le verbe
:
Au clair de lune, qui transforme les pauvres apparences du jour en un paradis où il serait beau de naufrager à jamais, les choses du premier âge, restées intactes tandis que nous nous précipitons au fond du puits de la vie, elles aussi cherchent à me parler.
(p 139 - Clair de lune)
Mon complément :
Deuxième partie des nouvelles parues en 1971 sous le titre "Le notti difficili", je retrouve les ingrédients qui me donnent des frissons depuis l'échine jusqu'au mollet, qui m'enthousiasment, je me trempe dans ce monde là comme un oiseau perdu retrouve son nid.

Buzzati est un écrivain du "fantastique" : il coud la frontière du rêve sur les bords de notre conscience. Nous ignorons quelle piste suivre mais nous nous en moquons, seul compte le chemin emprunté dans la peur, l'émotion, glissant sur les pentes vertigineuses de l'amour, de la mort et de la déraison. Comme chez Paul Auster, nous ne savons si le récit a pour origine une réalité, quelque part en ce mode, mais ce qui est réel c'est de tenir la page qui nous engouffre dans le monde des émotions, des souvenirs, des obsessions. Le véritable secret est entre nos main : le pouvoir de créer est un don que dieu jalouse aux écrivains.

Y aura-t-il à la fenêtre le pâle archiduc qui s'est tué par amour, et qui semble phosphorescent ? Ou bien (les têtes balancées par le quadruple martèlement en la mineur) les grands, les nobles, les femmes fatales, ou les aventuriers sans pitié des vices et des romans ? Ou la princesse cireuse que ses riches parents, pour essayer de la sauver, veulent conduire à Syracuse, mais toujours ils se trompent de train, et la jeune fille s'enfuit et meurt en traversant les steppes et les montagnes, milliers et milliers de kilomètres, tandis que le vieux cheminot, immobile devant les rails morts, voit s'évanouir, là-bas au fond, la vie, les espérances désormais lointaines, et tandis que de l'autre côté, tout doucement, s'avance le grand caillot de ténèbres, la grande chose noire, qui ne vient que pour lui ?
(p 75 - "Vitesse de la lumière")

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4 commentaires:

Praline a dit…

Ma chère, j'aodr Buzzati. As-tu lu son désert ... ?
Et sinon, tu es taguée.

Wictoria a dit…

Praline :
j'ai lu le "désert", à l'école, et c'est ce livre qui m'a donné envie des lire tous les autres. Quand on aime...on est tellement déraisonnable !

Bénédicte a dit…

je n'ai jamais rien lu de Buzzati mais ton article est enthousiasmant

Wictoria a dit…

c'est bien de commencer avec des nouvelles, on se fait alors une idée de ce qui touche l'auteur, et de la manière qu'il a de raconter...

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