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Little bird - Craig JOHNSON



Le livre

Titre original : The cold dish
Date de parution : 2005
Traduction française par : Sophie Aslanides
Editeur Gallmaister
400 pages



Le sujet
Wyoming. De nos jours. Deux ans après le viol de Melissa Little Bird, une jeune indienne, par quatre adolescents condamnés avec sursis, l'un d'entre eux est retrouvé descendu par une carabine longue portée. Walter Longmire, le shérif du comté d'Absaroka, prend à coeur cette enquête dont les indices mènent vers une piste sous le signe de la vengeance, tout en subissant un entraînement forcené de la part de son vieil ami indien dit "L'ours", qui le pousse à reprendre goût à la vie et à l'amour, goût perdu depuis son veuvage.

 Le verbe

Je descendis la vitre au maximum, c'est à dire à peu près à mi-chemin, et respirai. Dans un contraste frappant, l'air frais du canyon se mêla à l'odeur tiède de moisi qui régnait dans le camion. C'était quelque chose que j'aimais dans le camion de Henry, même si je ne lui avais jamais dit : son odeur chaleureuse de vieux métal, de terre et de cuir. J'avais grandi dans des pick-up comme celui-ci, et j'y trouvais une forme de sécurité, un souvenir sensoriel qui transcendait les marques et les écussons. Je regardais alentour les vestiges de tous ces rêves nomades et pensais à la mobilité de la nostalgie dans l'Ouest. Aucune des roues autour de moi ne retrouverait probablement jamais la route mais restait-il, hébergées dans les intérieurs brûlés par le soleil et dans les carrosseries rouillant lentement, des passions profondément enracinées ? Rien n'était moins sûr, mais l'espoir a souvent un relent d'éternité. (p.185)
Mon complément
Tout d'abord, ma première remarque va vers Lily (So many books so little time) qui m'a très gentiment prêté ce livre que j'ai reçu avec un bonheur identique à celui d'un enfant qui découvre un cadeau sous le sapin. Le geste m'a touchée, avant le texte, qui est lui aussi une merveille, ou du moins qui est de ceux capables de m'émerveiller.

Je ne connaissais pas la prose de Craig Johnson mais je savais qu'il est de la même trempe que Jim Harrison, un de mes écrivains préférés, car j'avais lu l'article consacré aux romanciers américains dans le magasine GEO de novembre 2009 :



aticle sur Craig Jonhson
(clic sur cet article pour l'agrandir)

C'est donc avec fébrilité et une sorte de bien-être que j'ai commencé ce livre qui est de ceux qui font parler la terre et la mémoire des hommes (petit frisson).
Absaroka
Dans cette histoire, nous suivons Walt, le shérif dépressif qui se laisse aller à la dérive depuis la mort de sa femme. Poussé par son meilleur ami Henry Standing Bear à reprendre du poil de la bête (décrassage matinal et amélioration de l'habitat), Walt se rapproche de la belle Vonnie, son amie d'enfance perdue de vue -et désormais veuve- et s'évertue à découvrir qui peut bien vouloir dégommer un à un les quatre petits connards qui ont violé la pauvre petite Mélissa, un crime demeuré impuni dans la mesure où les protagonistes ont fini par être relâchés parce qu'ils étaient mineurs.
J'essayais de trouver quelque chose à dire, mais rien ne semblait assez sincère. Tout ce que j'avais à l'esprit, c'était qu'elle me paraissait terriblement douce et engageante. J'eus soudain une image un peu confuse d'elle, de mon lit, là-bas, chez moi, et de tous mes besoins terrestres comblés en même temps. Elle ne semblait pas appropriée non plus.
- Peut-être qu'on devrait se voir, un jour.
Peut-être était-elle appropriée finalement. (p 59)
L'arme utilisée pour descendre les jeunes est un Sharps, une carabine de précision qui ne court pas les rues...


L'étau se resserre, mais nous ne devinons rien de rien sur l'identité du tireur, uniquement révélée dans les dernières pages, et avant d'en arriver là, nous suivons les pistes de Walt, ses soupirs, ses frayeurs, ses fatigues, et tout ce qui le hante. En un mot, nous avons de l'empathie pour lui.

C'était difficile à décrire, mais faire la cour à Vonnie semblait m'élever à un autre plan. Sans pour autant essayer de ressembler à un adolescent malade d'amour, je trouvai le monde meilleur, comme si l'air que je respirais avait un petit quelque chose de plus. (p 157)
Un style qui fouette, très plaisant, très imagé et sensoriel. Le récit étant à la première personne, il est assez facile de se glisser au premier plan de cette enquête. Il y a du sordide, mais l'humour est toujours présent, surtout dans les dialogues ou les réflexions que fait Walt, sans compter qu'il est le premier à se moquer de lui-même. Cette histoire est la première d'une série mettant en scène le shérif Longmire, je parie que je vais devenir accro.

Liens externes

Adaptation de Longmire en série à découvrir ici

5 commentaires:

virginie a dit…

Je viens de le terminer ! Me reste à rédiger le billet (qui sera beaucoup moins documenté que le tien !). Mais j'ai été tout à fait séduite par Craig Johnson, ou plutôt par Walt Longmire et ses copains !

kathel a dit…

Je sens que je devrais adorer cette série et n'ai qu'un regret, ne pas avoir acheté le livre pour le faire signer aux Quais du Polar ! Pour le livre, je pourra toujours le trouver, bine sûr, mais la signature... j'ai une photo de Craig par contre ! ;-)

Val a dit…

Oh, je pense que ce livre me plairait !

Anjelica a dit…

je le note de suite.

L'or des chambres a dit…

Je l'avais déjà repéré maintes fois celui là mais ton billet achève de me convaincre. L'éditeur a une nouvelle collection de poche, je vais attendre qu'il y paraisse.
Très beau billet comme d'habitude

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