

Le livre
Titre original : Yasashii uttuae
Date de parution : 1996
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino et Yukari Kometani
Edité en français par Actes sud en 2010
234 pages
Le sujet
Tokyo. Ruriko quitte le domicile conjugal et un mari violent et adultère pour s’installer dans le chalet de ses parents dans la montagne. Lors de sa retraite volontaire, elle compte faire le point et avancer un peu ses travaux de calligraphie. Mais elle fait connaissance de ses voisins : Kaoru, une jeune femme qui fuit le souvenir d’un drame sanglant auprès de Monsieur Nitta, l’ancien pianiste incapable de jouer en public, tous deux fabriquent désormais des clavecins d’exception. Ruriko va tomber sous le charme de cet endroit et de ses habitants tout en prenant conscience de son immense solitude.
Le verbe
La bibliothèque qui avait contenu les œuvres de la littérature pour enfants du monde entier avait été vidée, et il n’y restait plus que deux livres de cuisine aux couleurs passées. Les « Plats quotidiens » et « Douze mois de pâtisserie ». La couverture du volume de pâtisserie était maculée de beurre et de farine durcie. (p 14)
Ce roman est le dernier qui vient de sortir traduit en français, il date de 1996 (comme Hotel Iris).
Nous retrouvons les thèmes habituels qu’Ogawa affectionne :
J’ai trouvé cette histoire encore plus belle que les précédentes, et c’est aussi une véritable histoire d’amour, pour une fois, ce qui n’est pas coutume avec Ogawa. J’ai beaucoup aimé être avec Ruriko, Kaoru et Y.Nitta. Une histoire de possession, ou plutôt de dépossession. Posséder l’autre sans se posséder soi-même. Chercher dans l’autre ce qu’il ne peut donner, à peine nous tenir à bout de bras le reflet de nos désirs. Le trouble apporté par le mystère seulement calmé par l’assouvissement des sens.
Ce roman est LE roman sensuel : la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, l’odorat et même l’intuition, tout concoure à émettre les signes visibles et invisibles de l’être.
Que dire de plus ? Que chaque roman est une église que j’admire, que je parcours avec l’humilité qui sied aux apprentis, j’en observe les détails, les ciselures, les ombres et les lumières. Je me fonds dans ceux qui peuplent l’univers d’Ogawa.
L’image à découvrir : la tomate assimilée à un cœur (mon interprétation).
Lien externe
Nous retrouvons les thèmes habituels qu’Ogawa affectionne :
- l’eau (le lac, la neige, la rivière)
- l’insolite (le facteur de clavecin, la calligraphe)
- les liens éperdus et perdus entre les êtres qui se croisent, par hasard peut-être, qui se reconnaissent et qui s’éloignent
- le paon (comme dans Parfum de glace)
- la musique
- la nourriture (Ogawa donne souvent le détail des plats que mangent les personnages, sans oublier la présence quasi obligatoire de l’indétrônable gâteau à la fraise…)
- les mutilations (visibles ou invisibles : le corps imparfait, l’esprit troublé, voire hanté à jamais)
- la décrépitude (des aliments, des corps)
- …
J’ai trouvé cette histoire encore plus belle que les précédentes, et c’est aussi une véritable histoire d’amour, pour une fois, ce qui n’est pas coutume avec Ogawa. J’ai beaucoup aimé être avec Ruriko, Kaoru et Y.Nitta. Une histoire de possession, ou plutôt de dépossession. Posséder l’autre sans se posséder soi-même. Chercher dans l’autre ce qu’il ne peut donner, à peine nous tenir à bout de bras le reflet de nos désirs. Le trouble apporté par le mystère seulement calmé par l’assouvissement des sens.
Ce roman est LE roman sensuel : la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, l’odorat et même l’intuition, tout concoure à émettre les signes visibles et invisibles de l’être.
Que dire de plus ? Que chaque roman est une église que j’admire, que je parcours avec l’humilité qui sied aux apprentis, j’en observe les détails, les ciselures, les ombres et les lumières. Je me fonds dans ceux qui peuplent l’univers d’Ogawa.
L’image à découvrir : la tomate assimilée à un cœur (mon interprétation).
Sans écrire une ligne, sans laver la poêle sale, en laissant une moitié de tomate sur la planche à découper, je suis partie. (p 13)et aussi ici :
Pour mes yeux fatigués par la calligraphie, une pénombre douce comme celle-ci convenait mieux. J’ai piqué plusieurs fois la fourchette dans la tomate. En la regardant perdre sa forme petit à petit. A la fin, elle ressemblait à un morceau de chair sanguinolent. (p 124)L'oxymore du titre ? un rapport avec le nom d'un morceau de clavecin de Jean-Philippe Rameau.
Lien externe
Je viens de craquer pour ce livre... Je sais que tu aimes beaucoup cet auteur, pour moi ce sera une première lecture... Mais ton billet est vraiment allèchant.
RépondreSupprimerBonne semaine Wictoria
Merci L'or, oui je suis toujours en encore fan d'Ogawa :)
RépondreSupprimerToujouuuuurs pas lu cette auteur... mais j'y viendrai !
RépondreSupprimerMerci pour ton article et le lien vers le site présentant les romans de l'auteur que je ne connais pas
RépondreSupprimerBonjour Wictoria, te voilà partie si j'ai bien saisi, me voilà revenue avec la mésaventure d'un blog disparu que je recrée. Je vois que ta passion Ogawa est toujours présente. Celui-ci est dans ma pal. Lune
RépondreSupprimerheureuse de te relire Lune, à très vite chez toi ! (je vais suivre ton lien)
RépondreSupprimerEt bien, voilà une note qui donne envie... J'ai lu d'elle assez récemment "Cristallisation secrète". J'ai trouvé ce roman tout à fait étonnant. Et le sthèmes que tu cites ici y sont presque tous présents... Je renouvellerai bien cette expérience d'extrème-orient avec ce titre!
RépondreSupprimerchère Nymphette, tu pourras choisir l'histoire qui te plait le mieux en consultant mon site sur tous les romans de Yoko Ogawa :
RépondreSupprimerhttp://yokoogawa.blogspot.com/
Bonjour,
RépondreSupprimerJe n'ai pas été autant enthousiaste que vuos sur ce roman d'Ogawa même si ça reste une lecture de très bonne qualité. En fait, je préfère ses nouvelles, je la trouve meilleure sur "courte distance" ;-)
Votre blog est super; bravo !
il faut avouer lewerentz que j'aime et admire Ogawa alors forcément, je suis toujours et encore sous le charme de sa prose, de sa capacité à vous emmener quelque part d'où on ne revient jamais...
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