Indian creek - Pete FROMM




Le livre

Titre original : Indian Creek Chronicles
Date de parution : 1993
Traduction française par : Denis Lagae-Devoldère
Editions Gallmeister (2006 pour première édition, 2010 pour le présent livre)
230 pages



Le sujet
Amérique. Un étudiant inexpérimenté accepte de passer 7 mois d'hiver au coeur des Rocheuses à surveiller des oeufs de saumons et à empêcher que ceux-ci ne gèlent. Inconscient et incompétant, il va devoir affronter ses ennemis : le froid, les bêtes sauvages, la peur de mourir et surtout, sa propre solitude.

Le verbe
De la mi-octobre à la mi-juin, j’allais être responsable de deux millions et demi d’oeufs de saumon implantés dans un bras entre deux rivières. La route la plus proche se trouvait à quarante miles, l’être humain le plus proche à soixante miles. Si j’étais intéressé, précisa-t-il, je n’aurais que deux semaines pour me préparer.
J’entendais de moins en moins ce qu’il disait. Tout me semblait parfait. J’allais enfin découvrir le monde sauvage. Film ou réalité ? Galère ou liberté sans limite ? Mais, de toute manière, peu importe ce que j’allais découvrir, j’aurais une histoire à raconter plus tard, mon histoire.
Je dis au garde que tout cela me semblait très intéressant. Si j’avais été plus attentif, j’aurais sans doute pu l’entendre secouer la tête.
— Et le salaire, ça ne vous intéresse pas ? demanda-t-il.
Je lui répondis que si, bien sûr, même si je n’y avais pas songé.
— Deux cents dollars par mois, lança-t-il.
— D’accord, répondis-je.
C’était trop beau pour être vrai. Être payé, en plus. Il me conseilla d’y réfléchir et de le rappeler le lendemain.
— Entendu, fis-je.
Une formalité. Ma décision était prise. (p 18)
Mon complément
Décidément, je suis devenue accro aux récits de grands espaces, d'aventures et de solitude, poursuivant la route empruntée en suivant Jim Harrison.
Ce roman est aussi un récit de vie, une véritable histoire qui oscille entre l'humour et l'angoisse : l'auteur se trouve entraîné bien malgré lui dans cette aventure : au départ, fou de joie à l'idée de vivre lui-même une de ces aventures dont il est friand, il finit par comprendre dans quelle galère il a accepté de s'embarquer et, sans pouvoir perdre la face, il finit par s'installer dans son campement du mieux qu'il peut, et avec une imagination nourrie de ses lectures.

J'ai bien ri à certains passages, c'était étrange car au moment où l'auteur tremblait d'avoir les mains gelées j'étais moi-même sous un soleil grésillant. Inutile de dire que le style de l'auteur a tellement de puissance que d'imaginer les murs de neige, les élans effrayés ou encore les pommes de terre gelées n'offre aucune difficulté.

Je commençais à penser plus sereinement à cette période de désespoir. Peut-être avais-je fini par avoir mon histoire à moi, quelque chose à raconter à mes amis. Mais cela en valait-il la peine, cela valait-il tout ce que mon père et mon frère avaient enduré ? Soudain, je n'étais plus si sûr. Ce n'est pas là quelque chose que l'on pouvait comprendre immdiatement. (p 195)
Comme à chaque fois, à la fin d'un livre prenant comme celui-ci, je me sens un peu démunie et j'ai vraiment envie de passer à un autre style, histoire de me remettre un peu.

saumons dans l'indian creek
(photo empruntée à Jaclyn et Matt)


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