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La pluie de néon - James Lee BURKE


Le sujet
Années 80. La Nouvelle-Orléans. Le lieutenant Dave Robicheaux découvre le cadavre d'une jeune prostituée noire dans le bayou, hors de sa juridiction. Lorsqu'il prend connaissance qu'il n'y aura pas d'enquête sur ce qu'il lui semble être un meurtre, Dave décide de mener sa propre quête de la vérité en interrogeant des démons bien réels, au risque de faire remonter à la surface ses propres démons enfouis depuis de la guerre du Vietnam.

Le verbe
La morsure brute et soudaine de l'alcool après quatre années d'abstinence fut comme un grondement noir de tonnerre dans mon organisme. J'avais l'estomac vide et la mixture vint me lécher à travers tout le corps comme un brasier solide avant de sombrer, et peser de tout son poids au creux de mes testicules et de mon phallus, rugir de ténèbres obscures dans les recoins de mon cerveau, m'emplir le coeur de mes humeurs rances et primitives d'un guerrier viking se délectant de sa propre blessure de mort. (p.160)
Mon complément
J'ai eu envie de lire du James Lee Burke après avoir vu le film "Dans la brume électrique" adapté de son roman "In the Electric Mist with Confederate Dead" et mettant en scène Dave Robicheaux. Comme je voulais lire "dans l'ordre", j'ai donc commencé par ce titre et j'ai bien fait car nous avons le temps de découvrir l'homme : son passé, son présent, son nouvel amour Annie, et ce qui va faire le déclic pour qu'il quitte son travail avant de devenir le shérif adjoint qu'il sera dans les prochaines aventures.
Je m'aperçus que je n'étais pas prêt à reprendre le travail, que mon tiroir aux dossiers pleins de gargouilles et de chagrins devrait rester en suspens dans dans ce vieil immeuble de Basin Street qui avait jadis abrité ventes aux enchères d'esclaves et combats de coqs. (p.375) 
Il n'est pas franchement gai le Robucheaux, plutôt sombre comme ses cheveux, mais illuminé d'une lueur d'espoir semblable à sa mèche blanche qui lui trace un sillon sur la tête, mais on devient lui : ses doutes, ses peurs, ses attentes. Robucheaux n'est pas un lâche, encore moins une tête brûlée, c'est un homme qui ne veut pas dormir sans avoir tenté de faire tout ce qui lui est possible, et même impossible.
...je me pris à réfléchir sur l'importance ambigüe du passé dans notre existence. Afin de nous en libérer, nous le traitons comme un souvenir qui se décompose au fil des jours. Et dans le même temps, c'est la seule aune que nous ayons pour mesurer notre identité. Il n'est guère de mystère au moi de chaque individu : nous sommes ce que nous faisons et ce que nous avons connu. Il nous faut en conséquence constamment le faire revivre, ce passé, lui ériger des monuments, et le garder bien vivant afin de nous souvenirs de celui que nous sommes. (p.212)
Dans cette affaire, il va devoir affronter la mafia, les Nicaraguayen, tous brutaux et sauvages, de véritables bêtes de guerre, et tenter de s'en sortir indemne alors que tout se ligue contre lui.

J'aime découvrir cette région de l'amérique au travers les livres, il y a eu avant "le petit copain" de Donna Tartt (très beau roman), imaginer les anciennes maisons victoriennes, les varangues et l'ombre sous les arbres, les fantômes des confédérés, la poussière et la chaleur qui collent, comme une drôle de culpabilité dans la conscience des héritiers de ces terres.

Récit complexe toute de même, on avance un peu dans la brume, peu d'explications claires, beaucoup de personnages, j'ai eu du mal à retenir qui est flic, qui est assassin, et quand le flic devient l'assassin, vous pouvez imaginer un peu qu'on ne sait plus trop qui est qui... prévoir de prendre des notes si la lecture dure plus d'une semaine ce qui fut mon cas.

Le livre
  • titre original : the Neon Rain
  • date de parution 1987
  • traduction française par : Freddy Michalski
  • Editions Rivages/Noir (Payot)
  • parution en français : poche en 1999
  • 370 pages
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2 commentaires:

Kathel a dit…

J'aime les couvertures, ces ambiances nocturnes... et bien sûr, Dans la brume électrique. Il faudrait que je me lance dans la lecture d'un de ses romans.

melodie a dit…

J'adore la série Rivages/Noir. C'est toujours un peu glauque. Je mets cet auteur à ma liste, c'est certain.

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