Le livre
Date de parution 2009
Editions Gaïa
190 pages
Le sujet
Roumanie. Victor Luca ne désire qu'une chose au monde : rester à l'abri de la maison familiale, protégé par sa mère et sa soeur, ainsi qu'un allié de taille : le lac dans la forêt, un lac si sombre que les habitants du village n'osent l'approcher sans craindre le péril de leur âme. Après avoir commis un meurtre, Victor passe pour mort durant de longues années de réclusion dans sa maison, caché de tous, à se torturer pour savoir s'il peut y avoir rédemption pour son âme. Que faire pour se faire pardonner de Dieu ? Certains croisés sur son chemin vont l'aider à trouver un sens à sa vie.
Le verbe
L'obscurité était devenue son alliée, celle qui lui permettait d'exister au monde. Les nuits d'été, il lui arrivait parfois de s'allonger dans la cour pour observer les étoiles. Enfin, il pouvait respirer, lui, tellement habitué à la vie au grand air. Pourtant jamais il ne s'éloignait de la maison. Ana lui avait formellement interdit de franchir la clôture. Pour parer à tout risque, Victor avait aménagé une cachette sous le toit. Une trappe dans le plafond permettait d'y accéder rapidement, dans le cas où un visiteur impromptu se serait présenté.
p 53
Mon complément
Tout d'abord dire que ce roman m'a été envoyé par ma chère Malice qui pourvoit ainsi à me faire découvrir des romans que je n'aurais jamais lus. Et quel roman ! Sans parler des nombreux prix récoltés en 2010, ce roman est un véritable bijou : une histoire intéressante, un style à faire palir d'envie certains romanciers. Je veux aussi dire ma satisfaction sur la mise en page : pas d'erreurs typographiques, de notes de bas de page, ou de lexique à la fin, ce que je déteste ! non, un véritable roman où certaines explications (utiles et nécessaires) sont coulées avec beaucoup de finesse au coeur du récit : situation politique (nous sommes avant et après la révolution de 1989 en Roumanie), et croyances et pratiques religieuses (orthodoxe).
Le récit est ponctué avec ce qu'il faut de lumière pour que nous avancions dans le roman sans avoir à chercher de quoi on parle. C'est bien. La forme du roman est très bien faite, comme une lourde couverture brodée des faits qui serait d'abord pliée, on apercevrait alors un élément du décor, et que l'évolution de l'histoire déroulerait dans son contexte pour afficher l'illustration dans son ensemble. Cela prouve à mes yeux que l'auteur s'est donné la peine de travailler son récit et son suspens, bravo ! Je n'ai trouvé aucun défaut à ce roman, il est de la même veine que ceux de Jim Harrison, dans un autre genre mais avec comme lui, un héros qui n'est pas un ange, ni le Diable ! Avec des scènes assez dures mais qui ne sombrent pas dans le détail gore, inutile.
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| photo by Mathieu |
Le village de Slobozia, disons qu'il en existe plusieurs, mais l'auteur a vécu sa jeunesse dans l'un d'entre eux, est le théâtre de tout ce que le pays enferme en son sein : les fidèles, les résignés, les rebelles, les profiteurs, les pervers, les aveugles qui ne veulent rien voir, rien savoir, rien dire.
On y vivra depuis les années "60" aux années "80" au rythme des "évènements" : les premières disparitions, la retraite de Victor que le village croit mort, le régime "totalitaire" de Ceauşescu qui interdit la pratique de la religion, puis la délivrance : les villageois devenus libres de juger eux-mêmes qui est coupable, Victor devenu libre d'avouer ses crimes, et comble de l'ironie, devenu un héros !
Un roman à découvrir ! d'autant que je vois qu'il sort en "poche" chez Actes Sud alors vite à vos LAL et PAL, il le mérite.










