La Nuit du chasseur - Davis GRUBB

Le sujet
Harry Powell, un assassin voleur et psychopathe, se prétendant "homme de Dieu" et se faisant surnommer "Prêcheur" traque John et Pearl, les deux enfants de Ben Harper, âgés de 5 et 9 ans, son dernier compagnon de cellule dans l'espoir de récupérer le butin qu'il a volé.

Le verbe
Il sut presque aussitôt que Prêcheur était là où bien avait été là un instant auparavant, car il y avait son odeur dans l'air silencieux et c'était, à ses narines, comme l'odeur de l'épouvante. (p.126)
Mon complément
Un style époustouflant pour cette oeuvre majeure de la littérature américaine, et pourtant, si tout le monde a entendu parler du film (qui en est l'adaptation) je me demande combien sont capables de donner le nom de l'auteur du roman.

Depuis, le début de l'histoire, nous sommes plongés dans le drame à la hauteur de John, 9 ans, et c'est à travers son regard que nous progressons dans son combat contre le "mal", envers et contre tous. Sa mère, sa soeur, tout le monde semble prêt à croire aux paroles tirées de l'évangile du "Prêcheur", mais qui sont dites par un homme à l'esprit dérangé, voyant dans toute femme la "prostituée de Babylone", inutile de dire qu'avec un mec pareil, on pourrait pas dormir sur nos deux oreilles de peur qu'il nous fasse un sourire de l'une à l'autre...

Seul John se sent la force de garder la promesse faite à son père : celle de ne jamais dire où est caché l'argent afin de l'avoir pour quand ils seront grands, lui et sa soeur.
- John est méchant, dit-elle doucement.
- Oui ! Oui ! Ne t'occupe pas de John pour le moment. Où l'argent est-il caché ? dit Prêcheur et la voix était un peu étranglée, la fureur si nettement proche alors de la sombre surface des marais, l'orphie décrivant des cercles furieux à travers les ombres tachetées de soleil des hauts fonds.
- Mais John m'a fait jurer, dit-elle dans un souffle.
John entreprend de fuir Prêcheur en entraînant sa soeur réclacitante, déjà fort attachée au nouveau mari de sa mère, ils vont de ferme en ferme, quémandant leur pitance pour survivre, jusqu'à ce qu'ils soient recueillis par une vieille dame qui sera leur salut.

Un récit rempli de silhouettes à la manière d'un théâtre d'ombres, rythmé par les battements de coeur d'un jeune garçon effrayé mais combatif, qui s'accroche de toutes ses forces aux symboles puissants qui peuvent l'aider à garder la foi. Le tout savamment orchestré par la plume illuminée et poétique d'un grand conteur.
Toujours affamés, ils avaient mangé les sandwiches
au porc contenus dans le petit sac de papier gras
que la bonne fermière leur avait donné et maintenant
ils rêvaient, aspirant de nouveau à un foyer
et à une sécurité qui, du moins pour John,
paraissaient ne jamais avoir existé !
(p.262)

Le livre
  • titre original : Night of the hunter
  • date de parution : 1955
  • traduction française par : Guy Le Clech (édition révisée)
  • Editions Galllimard - Folio policier
  • une édition spéciale avec le DVD du film
  • 350 pages
Lien externe

Chroniques de la haine ordinaire - Pierre DESPROGES

Le sujet
1986. L'auteur présente ses chroniques de la haine ordinaire sur France Inter durant 5 mn avant les info de 19h00.


Le verbe
En attendant, oui, mon pote, j'ai cent balles. Et je les garde.
Mon complément
Coup de coeur pour ce petit livre dont le format m'a intriguée et que j'ai acheté sur un (petit) coup de tête. Quel plaisir de lire (ou relire) ces petits phrases assassines et mutines, corrosives et si peu abusives.

Ce petit livre au nouveau, et révolutionnaire, format de poche présente les deux volumes parus en 1987 et 2004.

Un nouveau format distribué par les éditions "point 2" dont certains titres, et pas des moindres, sont d'ores et déjà proposés.

Ici le catalogue

Le livre tient dans la poche et dans la main comme vous pouvez le voir :


Le livre
  • editions point 2
  • 460 pages
  • prix en france : 11 € (1915 francs = 16 € en Nouvelle-Calédonie)